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Réussir un bivouac

Attention ! Nous ne parlerons ici que du bivouac volontaire, c'est à dire anticipé et préparé. Pas le bivouac de secours, imposé et galère, parce qu'il est trop tard, qu'il fait trop mauvais ou que le chef de cordée a loupé un carrefour crucial (normalement, avec les topos de montagne-cool, vous devriez ne pas vous retrouver dans cet embarras ;-))

jyhes (02-11-2012)

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Pourquoi le bivouac ?

Jérôme plante la dernière broche pour le bivouac

Jérôme plante la dernière broche pour le bivouac "non, tu ne dormiras pas"...
Glacier Blanc (Ecrins/Ailefroide)

Attention ! Nous ne parlerons ici que du bivouac volontaire, c'est à dire anticipé et préparé. Pas le bivouac de secours, imposé et galère, parce qu'il est trop tard, qu'il fait trop mauvais ou que le chef de cordée a loupé un carrefour crucial (normalement, avec les topos de montagne-cool, vous devriez ne pas vous retrouver dans cet embarras ;-)

Le "vrai" bivouac, donc. Histoire de goût souvent, de nécessité parfois...

De goût parce que bivouaquer donne une dimension totalement différente à la course. La fin d'après midi arrivant, commencer à tourner la tête à la recherche d'un filet d'au, d'un espace plat, à l'herbe grasse, avec, pourquoi pas, des jolis blocs pour enchaîner quelques mouvements, sécher un habit ou tout simplement lézarder sous la caresse des derniers rayons... Puis le soir tombant, se blottir dans le duvet, bouquiner quelques aventures, s'émerveiller une fois de plus sur le coucher du soleil. Engloutir le repas, jamais vraiment à la hauteur de celui de refuge, mais tellement réconfortant... Et puis (tenter de;-) s'endormir !

De nécessité aussi, parce que parfois, la course choisie n'est pas pourvue d'un refuge à proximité, ou l'on s'est pris tard pour réserver...

Dans tous les cas, qu'on se le dise vraiment, bivouaquer reste toujours une aventure peu commune qui donnera à la course du lendemain une saveur inégalable...

Quoi qu'il en soit, il faut bien s'accorder sur un "minimum" commun, histoire d'avoir une petite idée de ce qui nous attend et éviter de se retrouver "sec" dans un passage bien au delà de nos réelles capacités !

Je porte, donc je suis !

La tête dans les nuages, le dos sur les cailloux ;-) Bivouac au pied du pic du Goléon (La grâve)

La tête dans les nuages, le dos sur les cailloux ;-)
Bivouac au pied du pic du Goléon (La grâve)

Le "confort" d'un bivouac est assez directement lié à l'inconfort de la montée qui le précède : en clair, plus tu as porté, plus ce sera confortable... Reste maintenant à trouver un point d'équilibre pour ne pas user toutes les cartouches en portant un sac surchargé qui remettrait en cause la réussite de la course du lendemain.

Tout n'est qu'affaire de morphologie, mais il y a quand même quelques invariants. Au dessus de 15 kilos, même pour un gars solide, le sac commence à se sentir. Au delà de 20 kilos, nous considérons que les contraintes de portage ne permettent plus de profiter assez du moment qui passe. Il n'y a qu'à lire les récits des alpinistes-sherpas en expé, lorsqu'ils parlent du portage sur les interminables moraines de l'Himalaya (un bon écrit sur ce sujet par Chapoutot dans "la montagne, c'est pointu"). Laissons les donc vivre leur souffrance en silence et concentrons nous sur les moyens de limiter la notre...

Faire des choix et tant qu'à faire, les bons !

Grande ambiance sur le Lac d'Eychaudat, avant la montée à la pointe du Riff (départ du Casset)

Grande ambiance sur le Lac d'Eychaudat,
avant la montée à la pointe du Riff (départ du Casset)

On l'a vu, il va falloir porter. Reste maintenant à optimiser l'affaire.

La tente

D'abord : tente ou pas tente ? J'avoue que la deuxième solution ne m'a jamais vraiment effleurée... Les averses ou orages de fin de journée, fréquents l'été en montagne, laissent souvent place à un superbe ciel étoilé la nuit venue... Se faire totalement rincer à 18 heures par un méchant orage et envisager de passer les 12 prochaines dans cet état n'est guère excitant. Rebrousser chemin seulement pour ça n'enchante pas non plus. Quand on sait qu'un dôme de bonne qualité pèse moins de 3 kilos, la réponse à la question initiale s'impose assez vite...

Tente donc. Mais laquelle ? dôme forcément ; il faut proscrire les entrées de gamme, souvent lourds et peu adaptés aux conditions (On a encore en souvenir le premier bivouac dans un igloo à 50 €, sous un vent d'enfer, les armatures tellement pliées que le toit, au gré des rafales, venaient régulièrement frapper le visage...). Nous avons opté pour l'irréprochable "road runner 2" de North Face (2,4 kilo tout mouillé) qui possède bien des qualités : deux grands auvents (un de chaque coté des bivouaqueurs) pour laisser le matériel à l'abris de la pluie ou de la neige la nuit, deux ouvertures indépendantes, une fenêtre permettant de regarder le ciel, même couché, une bonne aération évitant la condensation (à ne vraiment pas négliger) et beaucoup d'autres petits plus dont on ne peut plus se passer (traverse de maintien du toit contre les vents forts, possibilité de solidariser le double toit au reste de la tente en bas dans la vallée,boucles de fermetures éclair phosphorescentes...)

Il faudra juste veiller à adapter les éléments de fixation en fonction de la nature du sol que l'on espère trouver (broches à glace, sardines en cornières…) On peut aussi « fixer » sans crainte la tente sur de bons blocs de roche, que l'on trouve souvent facilement en montagne ;-)

Le duvet

Il est forcément en plume (préférer la plume entière que le copeau de plumage) et doit être annoncé par le constructeur comme étant « confortable » (on rigole déjà) au moins jusqu'à – 5°/-10° (rien à moins de 150 €). Il aura la forme sarcophage pour conserver au mieux la chaleur. Attention toutefois à ne pas être trop à l'étroit dedans : ne pas hésiter à l'essayer dans le magasin pour éviter les crises de claustrophobies ultérieures… Une capuche intégrée est un vrai plus ! Ce produit étant très fortement compressible, bien vérifier que le sac livré avec permet justement une compression maximale (on est vraiment surpris par le peu d'espace que prend un duvet correctement écrasé : il tient facilement en longueur dans un sace de 45 litres !)

La bouffe

Il s'agit d'abord de s'alimenter, de préférence efficacement. Pour le plaisir, on tentera d'attendre la grosse bouffe à la redescente dans la vallée.

Pour quelques jours, on peut se satisfaire uniquement de sucres lents en faisant un peu l'impasse sur les protéines. La semoule, la purée sont faciles à cuisiner sans matériel particulier. On a pris l'habitude de monter une thermos (1litre) qui permet facilement de faire le repas du soir et le dej. du matin (l'eau reste assez chaude sur 24h) ce qui permet de s'affranchir de beaucoup de bazar de cuisine (réchaud, gamelle…). On cuisinera dans un plat creux au couvercle hermétique qui servira la journée pour ranger la matière première du repas. On se fera plaisir en montant un peu de raisins sec pour la semoule, ou du pecorino pour la purée, l'inévitable chocolat, un petit bout de jambon sec à macher et quelques pruneaux pour que tout file aussi droit que la corde sur les longueurs de demain. Le reste de l'alimentation sera composé de barres sucrées et de fruits secs (de préférence salés).

Le fond du sac

  • Les changes

Là aussi, on peut optimiser en faisant quelques concessions. En partant du principe que l'on proscrit tout élément en coton, hormis le slip éventuellement, il est facile de rester au sec pendant plusieurs jours (on a bien dit « sec », pas propre ;-) Les seuls changes (que l'on utilisera le soir, pour être plus cool) peuvent donc être par exemple un T-shirt, une paire de chaussette « large », un collant non urticant et un caleçon (le tout en fibres techniques synthétiques, pour la légèreté et le caractère hydrophobe…).

  • Eléments de sécurité

Puisque l'on ne prend pas de « vrai » réchaud pour la bouffe, il faudra quand même assurer « au cas ou » avec un micro réchaud pliable à alcool solidifié, le tout rangé dans une timbale en alu déformable (10 € le tout pour 100 g maxi).

La couverture de survie sait se faire oublier dans la doublure dorsale du sac.

Les piles de rechange pour la frontale sont obligatoires, ainsi que, si l'on en trouve, un mini chargeur de portable fonctionnant sur une pile 9v (5€)

De puissants antalgiques, du paracétamol, des anti-inflammatoires et des pastilles de chlores seront bien suffisants pour composer la pharmacie.

Au final, ça doit donner quoi ?

Conditions d'accueil optimales près de la Dibonna (la Bérarde)

Conditions d'accueil optimales près de la Dibonna (la Bérarde)

Si on résume, faire un bivouac suppose d'emporter en plus (par rapport à la nuitée en refuge) : un dôme (2,5 kg/2), un duvet (1,2 kg), une thermos 1l (1,5kg), un Tupperware et de la semoule ou de la purée (400 g), quelques vivres « plaisir » (100 g), soit une surcharge d'environ 4,5 kilos. C'est le prix minimum à payer pour « vivre autrement » la course, à l'ancienne, sur les trace de Balmat et son fameux gîte aux Bossons ;-)

Très concrètement, au final, si on s'est réparti les éléments de la tente, tout peut rentrer dans un sac de 50 litres et laisser encore de la place pour le matériel technique nécessaire à l'assurage.

Au petit matin, on rangera la tente et le duvet grossièrement, on glissera le tout dans un gros sac poubelle, sous un bon rocher. On enchainera les premiers pas, avant même de commencer la course, avec déjà des souvenirs plein la tête...

La réglementation

On s'en doute, le bivouac n'est pas autorisé partout. Il est même parfois clairement interdit, notamment dans certains parcs naturels. On veillera donc à bien s'informer sur les possibilités offertes, en respectant dans tous les cas les règles de bon sens suivantes :

  • On parle ici de bivouac, pas de camp de base ! La tente est montée le soir et démontée avant le levé du soleil.
  • On ne plante pas sa tente prêt du refuge, sauf si cela est explicitement autorisé (aires parfois prévues) et en prévenant le gardien.

A notre avis, bivouaquer doit rester un évènement exceptionnel, un choix ne se faisant pas à défaut. La logique de l'hébergement en haute montagne, c'est d'abord et avant tout le refuge. Le bivouac, c'est l'infidélité qui pimentera la vie !



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